Son Histoire

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L’Antiquité

La fondation de Rodez remonterait au Ve siècle av. J.-C., lorsque les Rutènes, peuple celtique d’Europe centrale, s’arrêtèrent dans ce qui est aujourd’hui l’Aveyron pour bâtir leur cité. Enfin une cité, parlons plutôt ici d’oppidum.
Les oppidums sont des lieux élevés (généralement situés sur une colline ou sur un plateau) dont les défenses naturelles ont été renforcées par la main de l’homme au temps des Celtes.

Les Rutènes, ou Ruteni, étaient appelés ainsi car ils vénéraient leur idole Ruth, sorte de Vénus celtique dont le culte subsistait encore au Ve siècle de notre ère. Nation puissante, les Rutènes avaient trois cités principales : Segodunum, en langue celtique montagne à seigle (Rodez) ; Condatemag, ville du confluent (au quartier d’Embarri, près de Millau), et Carentomag, ville des parents (Caranton).

Voisins et alliers des Arvernes, les rutènes combattirent les romains à deux reprises. En 121 av JC, au confluent du Rhône et de l’Isère, et lors de la révolte héroïque de Vercingétorix contre César. C’est après cette bataille que les ruthènes furent vaincus et soumis. La ville comme tout le reste de la Gaule, passa sous domination Romaine. C’est sous l’occupation romaine, que l’oppidum prit le nom de Segodunum en raison de son édification au sommet d’un piton. Le fait rutène demeurait une réalité si incontournable qu’au Bas-Empire (fin de l’empire Romain) la ville fut baptisée la Civitas Rutenorum ou ville des Rutènes, puis Ruteni et finalement Rodez.

Située au carrefour de routes commerciales importantes, La ville mena une vie riche et calme jusqu’aux invasions barbares.

Le Moyen Age

Pendant le Bas empire, Rodez fut la cible de nombre d’envahisseurs :

  • par les wisigoths tout d’abord en 472,
  • puis les Francs en 507,
  • les wisigoths de nouveau en 512,
  • aux rois d’Autrasie (les bassins de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux bassins moyen et inférieur du Rhin. On peut se demander ce qu’ils faisaient là!) en 533,
  • aux ducs d’Aquitaine enfin en 588.

Charlemagne intégra le Rouergue et donc Rodez au royaume d’Aquitaine en 778. Il y établit les comtes, d’abord viagers puis seigneurs héréditaires de leur comtés. Ces comtes furent confirmés par Charles le chauve au IXème siècle.

Mais l’histoire de la ville resta marquée durant longtemps par une intense rivalité entre les comtes de Rodez, maîtres du Bourg, et les évêques de Rodez, maîtres de la Cité .Le bourg était le véritable centre économique de la ville. Sur la place du bourg se tiennent dès le moyen âge et encore aujourd’hui, les foires et les marchés, véritable lieu d’échange. Les évêques jalouseront ce pouvoir et cette puissance.

La rivalité était telle qu’une muraille fût élevée pour délimiter les deux secteurs. Voilà un exemple précoce de ville divisée par un mur !

Chaque communauté avait un hôtel de ville, ses consuls, une administration propre, chacune rivalisant de puissance, de rayonnement.
Au bourg, la célèbre dynastie des comtes d’Armagnac et de Rodez, finirent par acquérir des privilèges régaliens : battre monnaie à la tour Martelenque et porter la couronne comtale.


Cela amena inévitablement l’affrontement avec le roi de France en 1444. Jean IV alors comte d’Armagnac et de Rodez, bien que vivant retiré en Rouergue, fut accusé de plusieurs griefs par ses ennemis auprès du roi Charles VII. Le commandement de l’armée fut confié au Dauphin, futur Louis XI. Ce dernier entra en campagne et assiégea Entraygues, Rodez et Séverac-le-Château. Il soumis toutes les places du comté et par la même le Comte Jean IV qui mourut en paix avec le royaume France.

Jean V, son fils héritier, s’attira les foudres de Charles VII par sa vie scandaleuse et par ses immenses richesses et sa puissance qui faisaient ombrage à la couronne. Coupable de trahison envers Louis XI, Jean V sera massacré par les armées du roi à Lectoure (22 km à l’Est de Condom sur le Gers), avec sa famille, lors de sa fuite.

La Renaissance

Au début du XVIe siècle, Rodez fut marquée par l’évêque François d’Estaing (issu d’une des plus célèbres familles du Rouergue).
Il termina les travaux de construction de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. Lui ajoutant ce chef-d’œuvre architectural qu’est le clocher, culminant à 87 mètres, surmonté d’une Vierge. Les travaux furent achevés en quinze années de 1510 à 1526 et ce malgré la peste qui ravageait la ville.
Mais la rivalité entre le comté et l’évêché persiste toujours. Elle a quelque peu desservi le développement de la cité ruthénoise.

Malgré les témoignages que sont ses nombreux chefs-d’œuvre gothiques réalisés du XIIIe au XVIe siècle, la ville n’a pas vraiment connu de longues périodes de prospérité. Mais un tournant s’amorce après la mort de Jean V.

Henri III d’Albret, roi de Navarre, qui avait des prétentions à la succession de la maison d’Armagnac comme descendant d’Anne d’Armagnac, fille du connétable Bernard, et Marguerite de Valois, veuve du duc d’Alençon, confondirent leurs droits en se mariant en 1526. Ils furent couronnés l’un et l’autre dans la cathédrale de Rodez, le 16 juillet 1535, par l’évêque Georges d’Armagnac.
Jeanne d’Albret, leur fille unique et femme d’Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, devient reine de Navarre et comtesse de Rodez en 1555.

Henri de Bourbon, son fils, lui succéda en 1572. Devenu roi de France sous le nom de Henri IV, il réunit en 1589 à la couronne le comté de Rodez et tous les biens des d’Armagnac. C’est ainsi que c’est éteint la seconde dynastie des comtes de Rodez. L’histoire de Rodez se calque alors sur celle de la France.

Débarrassée des vieilles querelles entre les comtes et les évêques, la ville va subir la nouvelle carte des routes commerciales. Les marchands, préférant un chemin moins accidenté et l’ouverture de routes commerciales sur la façade ouest du royaume feront perdre à la ville son statut de carrefour commercial.

1789-2011

Comme partout en France, la révolution éclate en 1789. Elle ôtera à Villefranche-de-Rouergue, la vieille rivale de Rodez, son rôle de capitale administrative au profit de Rodez. Elle devient donc préfecture du nouveau département de l’Aveyron en raison de sa position centrale. Malgré le mouvement anticlérical révolutionnaire, le patrimoine religieux de la ville n’est que partiellement dégradé.

La restauration, sera elle marquée par la célèbre affaire judiciaire qui défraya la chronique dans la France de la Restauration et n’a cessé par la suite de susciter les passions : L’affaire Fualdès (1817-1818).

Qui a horriblement égorgé l’ancien procureur impérial Fualdès, la nuit du 19 au 20 mars 1817 à Rodez, et qui a jeté son cadavre dans les eaux de l’Aveyron ?
C’est la France toute entière, puis l’Europe et même l’Amérique qui bientôt se passionnent pour cette énigme de province appelée à devenir une des plus célèbres affaires judiciaires du XIXème siècle.

Il est vrai que s’y mêlaient des considérations politiques puisque l’assassiné était accusé d’être bonapartiste, que ses agresseurs étaient au contraire dans la mouvance royaliste et que le premier procès les condamnant à mort fut cassé à la fin de l’année 1817. Victor Hugo en parle au chapitre 169 des Misérables et Balzac y fait également allusion.

Après la Révolution française de 1789, de nombreux groupements intellectuels voient le jour, encouragés par le ministre Guizot. La vie culturelle aveyronnaise est alors fortement influencée par quelques personnalités et grandes familles de notables : les Monseignat, les Séguret, les Rodat, les Bonald, les Barrau, les Cabrières, etc.
En 1836, est fondée, par des personnalités et notables du département sur l’initiative d’Hippolyte de Barrau, la Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron. Cette Société se donne pour objectifs de faire prospérer en Rouergue le progrès des lettres, des sciences, des arts et de l’industrie.

 

 

 

La modernisation de Rodez s’effectue très lentement au cours du XIXème siècle. Peu à peu, Rodez évolue en affirmant et développant son rôle de chef-lieu du département de l’Aveyron.
Soucieuse d’échapper au sort des autres capitales départementales de Midi-Pyrénées telles Albi, Montauban ou Auch qui sont tombées sous la dépendance de Toulouse, Rodez propose une alternative à l’hégémonisme de la Ville rose sur Midi-Pyrénées. Symboles de ces velléités de développement, l’aéroport de Rodez (Albi par exemple, pourtant plus peuplé n’en dispose plus) et le nouvel Hôpital de Bourran (la deuxième plate-forme en Midi-Pyrénées après Toulouse) promettent un avenir radieux à la capitale rouergate.

Les années 1970 marquent le début d’une vaste opération de réhabilitation du centre ancien.
Dans les années 1990, la construction du viaduc de Bourran permet la création d’un nouveau quartier, favorise l’implantation de nouvelles entreprises technologiques et l’installation d’antennes des Universités de Toulouse.
En 2005, le département de l’Aveyron poursuit son désenclavement (viaduc du Viaur sur la route de Toulouse, autoroute Paris-Montpellier et son célèbre viaduc de Millau, etc.) et l’agglomération ruthénoise son développement économique.

En 2011, Rodez lance les travaux pour l’aménagement du Foirail avec la construction de la salle des fêtes, d’un multiplex et du musée Soulages.